L'intérieur était spacieux. Un beau centre d'entraînement. Nous cherchâmes les douches une bonne minute avant d'y parvenir. Surprise! Douches publiques à votre services!
- What est ça?!, s'écria Alice, y'est pas QUESTION qu'on s'douche dans des douches PUBIQUES!!
- C'est pubLique, la corrigea Shamrock.
- Ta gueule, bordel!!, lui lancèrent ses trois autres amies.
- Eh bien..., commençais-je, tiens! Il y a une rideau là! Nous n'avons qu'à nous séparer.
Je répétai à Tonnerre pour qu'il comprenne ma tactique:
- Désolé, grande couille, tu verras pas d'boules de p'tites ados aujourd'hui!, dit Alice à Thunder Till sur un ton agace, avec un grand sourire, comme si elle était persuadée qu'il était un pédo.
- Qu'est ce qu'elle a dit, cette garce?!, me demanda-t-il, ne comprenant pas le joual. J'avais déjà une bonne difficulté à les comprendre moi-même.
Je lui répétai en vitesse et le poussai de son côté du rideau avant qu'il puisse grossièrement protester:
- Et évite de pousser le rideau, sale vicieux!
- Je ne suis pas un vicieux. Je ne drague pas des gamines!
- Les marier, oui...
- Quoi?
- Non rien.
- Grrr...Ton sale paternel est un sale menteur!
- Ta gueule et pars ta putain de douche!!
- Mais je vais mouiller mes fringues.
- Tu les enlèves, espèce d'imbécile.
- Ah...
Je soupirai devant son oubli de l'hygiène, qu'une douche ne se prend pas habillé! Les mannequins se déshabillèrent sans problème, sans gène de montrer leur corps, même pas Anniematéra-Tseu. Seule Shamrock voulut se cacher dans son coin. Mais Emilie protesta:
- Aller, Shamrock, montre ton corps, voyons donc!
- Comment tu veux qu'on t'viol?, demanda Annie, on a même pas d'bite, hahaha!!
- Ben là...
- Y'a pas d'ben là!, rétorqua Alice, tu t'dis ben belle, ben star, si 'nouvelle Paris Hilton', si ci pis si ça! Ben déshabille-toé, câlice!
- Ok d'abord.
Elle enfouie finalement sa gène au creux de sa tête et enleva ses vêtements sales. Et puis Tonnerre Till commença à chanter la chanson de Shnappi:
- Schniii, schnaaa, shnappi, shnappi, shnappi, schnap! Ich bin Shnappi, das kleine Krokodil!
- Aaahhhahahaa!!, riais-je, c'est la chanson d'une émission pour bébé que tu chantes, le sais-tu?
- Oui! :>
- Ok...
- Eille mais, débuta Alice, si y décide de toutes nous violer parce que y'a pas eu d'cul pendant un boute à cause de t'ça?! elle respira fortement et bruyamment, par saccades.
- Non, calme-toi!, la rassurais-je, il est bien capable de s'en passer.
- Ben à l'regarder aller je dirais pas ça!, continua Anniematéra-Tseu, y'a pas l'air saint d'esprit, l'éclair.
- C'est Tonnerre. Il est très saint d'esprit. Et il n'est pas un violeur de petites adolescentes!! Arrêtez, voyons!
- Qu'est ce que vous dites?, demanda ce dernier.
- Quoi?, dit Emilie.
- Il veut savoir ce qu'on dit, dis-je.
- Non! Dis-y pas ça, criss!, protesta Alice.
Je leur souris.
- Elles pensent que tu voudrais tous les violer!
Il éclata dans son étrange rire profond. Oui, il les trouvaient bien drôles, celles-là. Il n'en avait nullement l'intention, bien évidement.
- Tu pourrais leur dire qu'elles sont complètement givrées!
- Avec plaisir.
Puis je leur répétai les paroles de Tonnerre.
- T'es ben conne!, m'insulta Annie.
- Fallait pas qu'tu u dises ça!, ajouta Emilie.
- Hahaha!!, riais-je...de leur gueule!
C'était tout en me savonnant, que je posai mon regard sur le sol de céramique mouillé et glissant. J'aperçues un filet de sang défiler dans l'eau savonneuse. Un beau sang bien rouge, parfois plus clair, parfois plus foncé. Il se dirigeait vers le trou d'échappement de l'eau. Il venait de ma droite. Il venait du côté de Tonnerre Till. Je tapai le rideau et lui demandai s'il s'était accroché quelque part.
- Non...non, je, je vais bien. Je ne sais pas d'où ça vient.
- Ha, ha. Si tu es blessé tu dois me le dire. J'ai pris un..."engagement" pour m'occuper de toi!, j'en riais, c'était presque ridicule.
- Hahaha!!
En effet, le pauvre petit Tonnerre était bel et bien blessé, mais n'en disait mot, disant que ce n'était ses blessures l'important.
- Tu n'es pas trop amoché, au moins?
- Non...ça va..., j'avais encore quelque doutes là dessus.
Très soudainement, nous ne l'avions point remarqués, une bien vieille dame toute nue et ridée, lassant plusieurs couches de peau pendre de ses membres, arriva entre Alice et Annie. Alice était à ma gauche. Elle se tourna vers moi, l'air crispé et dégoûtée. Les sourcils levés, les yeux ronds, la bouche étrangement placée en cul-de-poule. Puis toutes les autres firent de même. Tous se tournèrenet vers moi. Je pris finalement la parole, en anglais, à l'intention de la croute:
- Eh...pardonnez-moi, madame?
- Oui, mon petit ange?
Je regardai les autres après ces mots effrayants.
- Eh, haha! Qu'est ce que vous faites? C'est que, eh bien, nous sommes déjà et...
- Mais je me douche! Une vieille peau doit se laver plus souvent, vous savez? Tous mes recoins de peau doivent être bien inspectés. Encore plus les creux...vous voyez?
Shamrock était accotée au mur et tentait de faire sortir une bonne épaisseur de vomit de ses entrailles. Mais n'y arrivait pas. Annie n'osait même pas regarder. Alice l'examinait avec dégoût. Emilie restait de glace, bien qu'également dégoûtée.
- Hihi!, ria la vieille peau, votre ami à côté est très joli, hm?!
- Quoi?! Tonnerre?
- Quoi?...moi?!, protesta-t-il. Qui est avec toi?
- Une vieille croute qui te trouve très appétissant!
Je pu l'entendre pleurnicher derrière son rideau.
- Le vert lui va tellement bien!
- Hein?
- Bon chus propre!!, cria Emilie en agrippant une serviette sous ses bras et autour de sa tête, ne pouvant plus supporter la présence de cette horreur ridée et défraîchit.
- Eh bien alors j'y vais moi aussi, dans ce cas!, annonca la vieille croute. J'en soupirai de soulagement.
Quelques instants après son départ, je remarquai alors avec effroi, en sursautant, qu'Alice et Anniematéra-Tseu étaient écrasées contre le mur, se langourant le visage et se bouffant les amygdales en les attrapant de leur langues saliveuses. J'agrippai rapidement mes serviettes et sortit en vitesse, suivit de Shamrock qui faisait des scènes devant cette...scène!...d'horreur.
- He...?, maugréa Alice en lâchant Annie et regardant derrière elle. On y va, bebé!
- Ok, ma crotte!
Elles agrippèrent leurs serviettes à leur tour, mais Alice pris le mauvais côté et arriva du côté de Thunder Till. Puisqu'aucun mur ne bloquait le chemin, elle réagit avant d'avoir visionné quoi que ce soit.
- Uh?!, il tourna le tête vers Alice qui ouvrait les yeux, stupéfaite qu'il soit en maillot de bain.
À dire vrai, il lambinait depuis longtemps, le front accoté au mur, laissant le jet coulé sur son dos.
- Hahahaaa!!, ria Alice. Tonnerre est en costume de bain!!, elle riait de plus belle; voilà le rapport du vert!
Et Tonnerre inclina la tête, ne connaissant pas ses mots. J'arrivai à l'arrière d'elle:
- Qu'est ce que tu fais?
- Je me douche.
- Oui, mais pourquoi tu es en maillot de bain?
- Ehh...
- Tu sais combien de temps nous avons été sur la route?!
- Naon..
- Longtemps! Tu dois TOUT savonner!! Alors enlève ce truc, il donne mal au yeux [ son maillot était vert lime avec des motifs noir ] et rejoint nous après.
Ses yeux étaient très ronds. Il inclina de nouveau la tête et nous sourit, puis cligna très vite ses petits quenoeils. [ oohh! Puppey ].
- Tu fais ton mignon?!
Il hocha la tête, ne lâchant pas son manège.
Vingt minutes plus tard nous étions tous beaux, tous propres avec de nouvelles fringues. Nous étions hot! Et en route vers l'hôpital où nous avions laissés Richy. J'étais effrayée par l'idée que j'avais oublié son état et sa présence, lorsque j'étais dans les douches. Je serrai les paupières pour ne pas laisser tomber une larme d'espoir. J'espérais qu'il allait bien. Qu'il n'était plus à l'urgence. Que nous pourrions le ramenez avec nous dès cet après-midi. Nous devions partir. Maintenant! Assez de la Transylvanie! Assez de la Roumanie! Assez de cette aventure, ce cauchemar, ce calvaire, ce supplice! Mon royaume pour mon lit! Mon royaume pour Richy...Nous entrâmes enfin dans ce bâtiment maudit après une marche qui sembla interminable. Je demandai à la réceptionniste dans quelle chambre était Richy.
Arrivés à la chambre 216-B, une infirmière était déjà sur les lieux, réglant les tuyaux de son masque à oxygène, avant de lui enlever. Je fus piquée de drôles de froideurs en le voyant dans l'état qu'il était. Il semblait très faible. Les yeux clos. Il les ouvraient de temps à autre, très bas, semblant désespéré. Cependant, la scène était limitée, car les stores cachaient la large fenêtre à moitié.
- Pourquoi tu ne vas pas le voir?, me demanda Thunder Till en me décollant le front de le vitre froide.
- He..? Oui, j'aimerais...peut-être...
- Tu adorerais!! La première chose que je déteste est qu'on me prenne pour un abruti!
- Je ne pense que tu sois abruti...
- Eh bien admets-le que tu craques pour Richy! Hm?! Je t'ai vu, appuyée sur lui comme si tu attendais ton suicide si jamais il devait crever!
Je restai raide comme une brindille. Je le regardais droit dans les yeux. Les bras serrés dans ses larges mains. Pour mieux me voir. Me piqué à froid par son regard perçant dont je perçue de plus en plus le gris de sa couleur. Il devenait méchant. Il savait très bien pour..."nous". C'était son souhait que reste avec lui, que je parte avec Richy. Que je ne lui cache rien. Parce que je ne n'étais et ne saurais jamais sa propriété. Peut-être, m'a-t-il confié, qu'il en aurait passé pour moi si j'aurais eu vingt ans de plus. Mais ce n'était pas le cas. Richy était, certes, bien trop vieux pour moi mais...certaines choses sont contraires aux règles. Quelles règles!? Il n'y existe aucune règle à "ça"! Aucune n'avait été écrite. Aucune. Et aucune ne saura jamais écrite. Il en restera ainsi.
L'infirmière me fit alors signe que je pouvais entrer, sans faire de bruit. Richy était à demi conscient. Ses yeux à trois quarts clos, menaçaient de se fermer. Je m'assied au fond de la pièce, à la droite du lit. Je m'accotai sur le matelas, le regardant avec des yeux brillants. J'étais si heureuse de le revoir en vie...mais en si piètre état, non.
« Richy, mon beau loup...c'est moi. Je suis venu pour toi, je lui agrippai le bras et le flatta de mon pouce, souhaitant qu'il me remarque. J'ai mal, Richy. Mon coeur à mal, très mal. Mon coeur brûle...nous devons partir, mein Herz....maintenant, aujourd'hui. »
Ses yeux commencèrent à s'ouvrir. Lentement. Une touche de surprise dans son regard. Puis me dévisagea. Il posa un oeil sur ma main sur son bras, dans un semblant de dégoût. Qu'est ce qu'il avait, bon sang?! Puis il réussit à prononcer quelque trois mots:
- Qui ête-vous..?
- Hein?! Richy?! C'est moi, Sh00ter, mon coeur [ça rime! XD] tu ne m'aurais jamais oublié! Richy?!
- ...non. Richy?
- Richy!! C'est toi, Richy!
Il regarda la pièce, l'oeil inquiet. J'appuyai vite sur le bouton rouge appelant l'infirmière désignée. Elle arriva en vitesse et je lui expliquai que Richy ne me reconnaissait plus, qu'il ne savait plus son nom. Elle me répondit que ce pourrait être un effet normal après ce qu'il a subit. Elle s'étonna aussi qu'il ait parlé. Semblait-il qu'il n'avait pas même prononcé un seul son depuis son arrivé.
- Sa mémoire ne vous reconnaît pas, mais ici [ elle posa un doigt plus à gauche sur sa poitrine ], ici il vous reconnaît. Ne vous inquiétez pas, il recouvrera la mémoire d'ici quelques heures à peine, il vient tout juste de reprendre conscience.
- Merci...
Bien qu'il ne me connaissait plus je ne m'empêchai pas de lui donner un gros bisou sur le front, puis le forcer à dormir. Son regard resta le même. Tout aussi beau et doux. Je flattai ses cheveux et son cou, comme il aimait tellement, puis il finit par s'endormir dans son ronronnement de matou. [ C'était tellement mignon!! ^^ ]
Je m'endormit à mon tour et c'est Tonnerre qui, plusieurs heures écoulées, me réveilla:
- Nous devrions êtres parti.
- Je sais...Richy ne se rappelle plus de moi.
- Comment? Ce n'est pas permanent.
- Je sais...
- Essaie donc de le réveiller.
- C'est très méchant!
- J'ai été méchant, moi?!
Je fronçai les sourcils et secouai l'épaule de Richy, le forçant maintenant à se réveiller. En vain.
- Essaie donc avec un bisou!, me taquina Tonnerre Till.
- Non, ça ne marche pas.
Il arqua un sourcil, s'étonnant bien que je le sache.
- J'ai un meilleur truc.
J'appliquai alors le truc que j'avais utilisé dans un de nos voyages en avion. Il serra d'abord les paupières et secoua vivement la tête. En ouvrant les yeux, il aperçues ses six compagnons de voyage, dont, moi. Il me regarda et me sourit.
- Tu te souviens de moi, Richy?!
- Comment pourrais-je t'oublier?
- Heee!!
Je sautai à son cou et lui fit un très long câlin.
- Peux-tu te lever? Nous partons dès que tu te tiendras sur tes deux pattes!
- Je pourrais filer en douce.
- C'est mon Richy!!
Je lui donnai les fringues neuves que j'avais achetés pour lui ainsi qu'un rasoir, qu'il m'enlève ces poils mal fichus qui lui poussaient depuis quelques jours et qui piquaient le visage!
Il avait quelques difficultés à marcher et retenait fermement ses pansements. C'était encore douloureux.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée, finalement!
- Nous irons dans une autre clinique s'il venait à saigner.
- D'accord. Tout ce que je veux c'est te ramener avec moi. Ce soir! Maintenant. Partons, tant qu'il en est encore temps!